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Paroles reçues

Isa

Premier Rituel Éternité

Tout un cheminement m'a amené à être là, tranquille, en confiance pour ce « massage Éternité » qui porte bien son nom.

J'avais déjà évacué toutes mes appréhensions antérieures lors du stage « horizons intérieurs », appréciant ta douceur d'être, ta tranquille aisance à te mouvoir et proposer, ta qualité de présence pleine, ta voix. Et le fait que tu co-animes avec une personne qui m'a conseillé cette expérience de massage avec toi.
Mes dernières résistances ont lâché là.

Des peurs s'étaient aussi dissoutes au fur et à mesure que je lisais des témoignages sur le « massage Éternité », et que je découvrais ton évolution et comment se déroulait une séance.

Alors ce matin-là, comme une évidence, je choisis une proposition qui fait sens : je me sais aussi avec des parties morcelées se frôlant, se cognant, s'évitant et je ressens la nécessité d'une globalité de tout mon être-corps : il n'y a pas en moi de parts séparées de mon humanité. Je cherche cette passerelle.

Je suis déjà dans l'acceptation de ce qui peut advenir en intégralité.

L'élixir me plonge dans un monde pétillant et extensible, même si prudemment je m'y suis approchée, très sensible aux odeurs. C'était aussi une de mes inquiétudes : et si la tienne me faisait fuir. Et renoncer.

Celle de l'élixir est divine. L'écoute des mots associés à la carte tirée m'atteint au plus profond.
Le soin-massage commence et je me sens entièrement, immédiatement plongée dans l'instant présent qui se déroule à l'infini.

Je m'abandonne à ce qui est proposé et je me laisse être. Je me laisse touchée, soulevée, étreinte, tournée, relevée, portée, posée avec une extrême délicatesse fluide ou énergique, entièrement en confiance.

J'oublie les corps et pourtant je les sens là, vivants, mouvants.

Je n'attends rien, je n'entends rien, que des souffles, ma respiration s'accordant à celle que tu proposes, je me laisse aller à l'inconnu avec facilité, et à mes sensations.
J'accueille, je cherche, je touche, je frôle, je sens, je lâche, j'étreins aussi. L'étreinte me comble, peau à peau, contenance et senteur, être serrée pour mieux m'envoler. Je suis attentive, je suis dans l'écoute d'un ballet de mains intuitivement posées sur toutes les parties de mon corps, les épousant, les prolongeant.

Parfois… le souffle comme une caresse légère, comme une première naissance.

Les effleurements, comme une approche délicate du début, ont fait place à un toucher plein, unifiant, me révélant à moi-même, pleine femme vivante multiple.

Chaque cellule de ma peau, pétrie, massée dans une telle cohérence, comme une danse libre et divine, me plonge dans des eaux de délice et de plénitude. Je le sens dans chaque moment.
Je perds mon identité, je me sens glisser dans l'essence la plus intime du JE SUIS, je me fonds dans l'éternel et j'ai quelques moments d'extase, des instants de volupté. Mon corps se libère, sensible, à vif et avide, paisible et léger, lourd et fatigué, amené au bord des eaux tranquilles.

Je ne sais plus rien. Et je suis tout. Je ne suis plus rien, et je suis en tout.

Je suis aussi ces émotions-déchirures intenses. Par deux fois, je suis secouée de sanglots et de détresse et je suis heureusement enveloppée dans des bras, des mains et un visage contre le mien que je recherche par une effluve rassurante et bonne, mais ils sont là. Ou peut-être parce qu'ils étaient là, à cet instant-là, énergie émanant de moi, ces sanglots du fond du fin fond de moi sont venus. Entièrement plongée dans l'instant, je leur accorde toute mon attention parce que je me sens en sécurité et j'ai la place à ne pas fuir, à ne pas résister. Si c'est venu, c'est que j'ai été accueillie.

Et le voyage des sens en profonde intimité avec moi-même se poursuit toujours entre ces deux émotions sanglantes, je voulais dire de sanglots !

La fin du massage n'est pas une fin, je me dépose, j'aime à l'infini ce que je crois sentir comme des alignements de chakras et je suis émue de voir avec quelle douceur un tissu m'enveloppe et tu restes à mes côtés.

Je suis apaisée et lorsque j'ouvre les yeux et croise ton regard, un vrai regard, une vraie présence à moi qui me met au bord des larmes que je contiens, parce que je me sens si bien. Je ne veux pas pleurer, je n'ai pas le temps, un sourire intérieur m'habite, une onde de gratitude envers toi prend la place.

Le massage que tu proposes, Daniel, c'est pour moi dans cette expérience, comme toucher l'intérieur de ma personne massée sans la casser.

J'ai vécu une expérience habitée, esthétique et divine des plus fortes de ma vie, un effondrement et non une noyade, un toucher à nul autre pareil. Parce que conduit par l'Amour, « la sacralité du corps », ai-je lu dans ta présentation. J'ai compris, puisque je l'ai vécu ainsi, et j'ai un profond respect pour cette démarche unique.

Gratitude aux rencontres qui m'ont fait dire oui. Même s'il m'a fallu un cheminement.

J'ai aimé ce temps d'après, la proposition de pouvoir ou non exprimer mon ressenti. D'écrire pour soi. De partager ou non. Les mots n'auraient pu être là dans l'immédiat.

Puis, chez moi, pendant deux jours, j'ai été secouée de sanglots qui me réveillaient lorsque je m'assoupissais, recroquevillée sur moi-même. C'est ça qui venait et je ne comprenais pas, pas du tout, puisque pour moi ces deux émotions n'ont pas été l'essentiel de mon vécu.

J'étais « brassée ». Échouant à chercher, danser, soufie, trop néophyte, je me suis accrochée à la contemplation d'une sauge arbustive, de l'abeille charpentière la butinant, de l'enthurium, de l'eucalyptus qui change de couleur en ce moment, d'odeurs de mon petit jardin semi-sauvage : et les sons appris en vibrations-chakras me sont venus naturellement, me reliant à moi-même, apaisant ces vagues d'eau agitées émanant de mes yeux embués.

J'ai repensé à des exercices de Tandava que tu as proposés lors du stage. C'était doux et soignant de les refaire.

Quelle émanation de calme à les reproduire et retrouver les mots… oui, je suis Enfant de la lumière.

Je t'ai partagé ce « brassage », une phrase m'a beaucoup aidée : « la douceur amène dans des profondeurs et permet aux choses cristallisées de s'évacuer ». Laisser l'intégration se faire, dis-tu.

Et elle se fait, et je sais que ce premier massage était une première étape et qu'il y en aura d'autres.

Merci, Daniel, de me permettre ce chemin. De m'ouvrir à ce chemin.

Isa

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