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Après le Rituel, la vie reprend - Et c’est de cet endroit qu’est née Émanation d’Éternité

  • Photo du rédacteur: Daniel Warnier
    Daniel Warnier
  • 17 août
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Depuis quelque temps, une question me revient après certains massages :

Que devient une expérience lorsqu’elle a été vécue profondément dans le corps… mais que la vie, elle, continue ?


Pendant longtemps, j’ai surtout regardé ce qui se passait pendant le Rituel Éternité.

Le moment où la personne cesse peu à peu de s’observer. Où le mental se calme. Où le corps prend davantage de place. Où quelque chose peut se déposer, s’ouvrir ou parfois se révéler.

Mais avec les années, ce sont aussi les messages reçus après les rencontres qui ont commencé à m’interroger.

Le lendemain. Trois jours plus tard. Quelques semaines après. Parfois beaucoup plus longtemps encore.


Lorsque le massage s’arrête

Le massage s’arrête.

Mais ce qui a été vécu ne s’arrête pas nécessairement avec lui.

Certaines personnes continuent à sentir leur corps vibrer pendant plusieurs jours. D’autres peuvent éprouver une paix inhabituelle, une grande ouverture ou, au contraire, une forme de brassage intérieur.

Et puis la vie ordinaire revient.

Une relation. Une rencontre. Une discussion difficile. Un besoin à exprimer. Une limite à poser. Une peur qui réapparaît.

Pendant quelques heures, une personne a peut-être rencontré beaucoup de lenteur, de douceur, d’écoute ou de présence.

Puis elle retrouve son quotidien.

L’autre n’a pas changé. Ses habitudes n’ont pas disparu. Ses peurs non plus.

Et pourtant, quelque chose en elle n’est parfois plus exactement au même endroit.


Ce que l’expérience vient éclairer

Une femme m’a écrit après un Rituel :

« J’attends qu’il me touche avec plus de douceur. J’attends qu’il prenne le temps de découvrir mon corps. J’attends qu’il m’écoute entièrement. Et derrière ces attentes, je ne posais pas le Verbe. »

Cette dernière phrase est merveilleuse de lucidité.

Je ne l’entends pas comme : si quelque chose ne va pas dans une relation, il suffirait de mieux parler, de mieux demander ou de mieux poser ses limites.

Ce serait beaucoup trop simple.

Je l’entends plutôt comme un déplacement du regard.

Je peux voir ce que l’autre ne fait pas, ce qu’il ne comprend pas ou ce qu’il ne m’offre pas. Et parfois, il est essentiel de le voir clairement.

Mais je peux aussi commencer à regarder ce que moi, je fais avec ce que je vis.

Est-ce que je sais ce que je veux ?

Est-ce que je sais le dire ?

Est-ce que je pose une limite suffisamment tôt ?

Est-ce que j’attends parfois que l’autre devine quelque chose que je n’ai jamais réellement exprimé ?

Est-ce qu’il y a des moments où, pour préserver la relation, je commence déjà à me quitter moi-même ?

Une autre personne a découvert pendant le massage une qualité de présence qu’elle connaissait peu dans ses relations. Après la rencontre, elle a commencé à regarder autrement certaines situations qu’elle acceptait jusque-là.

Une autre encore s’est demandé comment retrouver seule certaines sensations vécues pendant le Rituel. Elle les a retrouvées dans la danse, dans la lenteur et dans sa propre manière de bouger.

C’est peut-être cela qui me touche le plus aujourd’hui.

Pas seulement qu’une personne puisse vivre quelque chose de beau avec moi.

Mais que ce qui a été vécu dans cette rencontre puisse devenir un repère intérieur qui ne dépend plus de moi.

Sentir dans son corps :

« Ah… donc cela peut être comme ça. »

Puis retourner dans sa vie avec cette expérience et observer ce qu’elle vient éclairer.


Découvrir n’est pas encore habiter

Il existe une différence importante entre découvrir quelque chose et parvenir à le vivre lorsqu’une relation est réellement engagée.

Je peux découvrir que j’aime la lenteur et continuer à accepter des relations qui vont trop vite.

Je peux sentir que j’ai besoin d’être écoutée et ne pas parvenir à parler.

Je peux découvrir que je suis capable de dire non et continuer à avoir peur de décevoir.

Comprendre quelque chose de soi ne fait pas nécessairement disparaître les habitudes.

C’est même parfois lorsque nous entrons réellement dans la relation qu’elles redeviennent les plus visibles.

Nos peurs.

Nos attentes.

Nos manières de nous taire.

De nous adapter.

De préserver le lien.

Et peut-être que changer ne consiste pas forcément à devenir une nouvelle personne ou à réussir enfin à vivre une relation parfaitement « consciente ».

Cela peut commencer beaucoup plus modestement.

Dire quelque chose que j’aurais habituellement gardé pour moi.

Ne pas dire oui aussi rapidement.

Demander.

Poser une limite.

Rester lorsque j’aurais fui.

Ou partir lorsque j’aurais continué à m’adapter.

Faire, à un moment précis, quelque chose d’un peu différent.


La question qui a donné une forme à Émanation

Il y a quelque temps, une femme qui avait déjà vécu plusieurs fois le Rituel m’a parlé de ce qui se passait dans sa vie après nos rencontres.

Certaines choses étaient devenues plus claires pour elle.

Elle osait davantage exprimer ses besoins.

Mais lorsqu’elle revenait dans la relation, tout n’était évidemment pas simple pour autant.

Et elle m’a posé cette question :

« Est-ce qu’il n’existerait pas un espace où l’on pourrait continuer ce chemin ensemble ? »

Sa question n’a pas créé quelque chose de complètement nouveau en moi.

Elle a plutôt donné une forme à une interrogation qui était déjà présente depuis longtemps.

Que pourrait-il exister après le Rituel ?

Non pas pour prolonger artificiellement l’expérience.

Non pas pour maintenir un état particulier.

Et surtout pas pour rendre quelqu’un dépendant de moi ou de mes massages.

Mais pour offrir un espace où regarder ce qui se passe lorsque ce qui a été rencontré dans le corps rejoint réellement la vie.

C’est de là qu’est née Émanation d’Éternité.


Pourquoi un cercle ?

J’aurais pu imaginer un accompagnement uniquement individuel.

Mais quelque chose m’intéresse particulièrement dans le groupe.

Pas tellement la possibilité de recevoir des conseils.

Au contraire, je souhaite qu’Émanation reste un espace où personne n’explique aux autres comment ils devraient vivre leurs relations.

Ce qui m’intéresse est ailleurs.

Quelqu’un raconte une expérience et, soudain, j’entends dans son histoire quelque chose que je connais moi aussi.

Une attente.

Une peur.

Une manière de me taire.

Une façon de m’adapter.

Quelque chose que je n’avais peut-être jamais vu aussi clairement chez moi.

La parole de l’autre peut alors devenir un miroir.

Et ce qui est déposé par une personne peut faire résonner quelque chose chez plusieurs autres.

Le cercle est fait de ce que chacun apporte de sa propre vie et de ce que cela fait résonner chez les autres.


Entre les cercles, la vie continue

Émanation n’est pas seulement constitué des moments où nous sommes réunis devant nos écrans.

Entre les rencontres, la vie continue.

Et c’est précisément là que se trouve une grande partie de la recherche.

Je proposerai parfois une invitation à observer un mouvement particulier :

une attente,une limite,une manière de se taire,de s’adapter,de demander,ou de préserver le lien.

Il ne s’agit pas d’un exercice à réussir.

Simplement d’un endroit où porter son attention.

Cela peut parfois permettre de reconnaître un fonctionnement au moment où il apparaît et, si cela semble juste, d’essayer quelque chose d’un peu différent.

Puis nous revenons au cercle avec ce qui s’est réellement passé.

Pas avec ce qui aurait dû se passer.

Pas avec ce que nous aurions aimé réussir.

Avec la vie telle qu’elle s’est présentée.

Et je trouve intéressante cette idée que savoir que je vais pouvoir revenir partager une expérience peut déjà changer légèrement la manière dont je la vis.


Ma place dans cet espace

Je n’ai pas créé Émanation parce que je saurais comment les autres devraient vivre leurs relations.

Je ne le sais pas.

Je tiens le cadre du cercle.

Je veille à la qualité d’écoute, au respect des limites et à la confidentialité.

Je peux poser des questions, proposer des invitations d’observation et parfois partager un vécu lorsqu’il peut éclairer ce qui se joue.

Mais le cercle reste avant tout l’espace de ce que chacun vient y apporter de sa propre vie.

Je ne souhaite pas transmettre une méthode.

J’aimerais plutôt que chacun puisse développer progressivement une confiance plus fine dans son propre ressenti et dans sa capacité à apprendre de ce qu’il vit.


Laisser ce qui a été reçu rencontrer la vie

Émanation se vivra pendant six mois, au sein d’un petit groupe.

Nous nous retrouverons en ligne, puis chacun retournera à sa vie.

À ses relations.

À ses hésitations.

À ses découvertes.

À ce qu’il ose davantage.

Et à ce qu’il n’arrive peut-être pas encore à vivre.

Je ne sais pas à l’avance ce que cet espace produira.

Et c’est important pour moi.

Je souhaite qu’il reste un espace de recherche.

Un endroit où nous pouvons observer ce qui est réellement là sans avoir à produire une transformation ni à donner une belle conclusion à chaque expérience.

Le Rituel peut parfois ouvrir quelque chose.

Émanation est née du désir de regarder ensemble ce que nous choisissons d’en faire ensuite.

Une femme m’a écrit, presque un an après son massage, une phrase que je garde souvent en moi :

« Ça continue, je continue. »

Je crois que j’aime profondément cette idée.

Parce qu’au fond, le plus précieux n’est peut-être pas qu’une expérience continue.

C’est que nous continuions, nous, à partir de ce qu’elle nous a permis de rencontrer.


— Daniel


 
 
 

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Daniel Warnier

Masseur itinérant en France, en Suisse et en Belgique. 

danielwarnier@gmail.com

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© 2021 par Daniel Warnier. Créé sur wix.comWix.com

Crédit photos Juliebeyou, Mara les reflets d'Aisling et Nadia Abdelwahed

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